King Lear Syndrome ou les Mal élevés

D’APRÈS "Le Roi Lear" de
William Shakespeare
ÉCRITURE ET MISE EN SCÈNE
Elsa Granat
théâtre, création, saison 21 → 22

création

19 Jan.
4 Fév. 2022

du lundi au vendredi à 19h30, samedi à 17h et dimanche à 15h
relâche le mardi
durée estimée : 3h15 avec entracte – salle Mehmet Ulusoy

On entre par le jardin dans cette fresque, de larges fauteuils de rotin blanc, une robe de mariée, du champagne, des airs classiques. Un vieux père marie sa fille, la benjamine des trois sœurs. Pendant la fête, il fait un malaise cérébral, tout le monde hurle ; il reprend ses esprits mais se met, tout à coup, à parler de « royaume » et de « malédiction ». Le repas de noce est bientôt servi, les filles s’impatientent, leur père est incohérent, il exige qu’elles lui disent combien elles l’aiment. Il faudra bien rejoindre les invités, les aînées décident de s’y plier mais Cordélia, la jeune mariée, refuse. C’est à ce moment-là qu’il devient proprement fou. Les filles, déchirées entre loyauté et culpabilité, se détachent de ce père vulnérable qui tombe trop tôt entre leurs bras trop jeunes. Elles font ce qui se fait et le mettent en EHPAD. Placer le vieux le plus fou de la littérature dans ce type d’établissement, c’est aller taillader les sols plastifiés pour s’attaquer au fond obscur des choses, des âmes, des soignants et des soignés. La cellule familiale se décompose en souvenirs et en blessures. C’est le cerveau fêlé de Lear qui ramène sur le devant de la scène des bribes éparpillées du théâtre, du XXe siècle, de la politique, comme le ressac émaillé de coquillages. Les mots de Shakespeare, de Musset, de Joan Baez, son passé de petit enfant de Bretagne, tout se mélange dans ce temps-accident. « Nous rampons vers la mort. » Il sait très bien qu’il va mourir, incandescent il ne va rien lâcher des dernières heures à vivre, il va les explorer, combattre la langue affadie, affaiblie d’aujourd’hui en retournant à pleines mains la terre des poèmes.

Les émotions débordent, partout la folie guette, à moins que ce ne soit la vie, tout simplement. La force brute, l’inavouable, l’intransigeante qui persévère au-delà des idées, des croyances et des limites, la furieuse envie de vivre.

« Quand nous naissons nous pleurons d’être arrivés sur ce grand théâtre de fous. »
William Shakespeare, Le Roi Lear
traduit par Luc Gustine

tmp

Rencontre avec l’équipe artistique

dimanche 30 Jan. 2022

rencontre avec l’équipe artistique à l’issue de la représentation modérée par Valérie Pihet

Générique

AVEC Lucas Bonnifait, Antony Cochin, Elsa Granat, Clara Guipont, Laurent Huon, Bernadette Le Saché, Édith Proust, Hélène Rencurel
ET cinq interprètes amateurs

DRAMATURGIE Laure Grisinger
SCÉNOGRAPHIE Suzanne Barbaud
LUMIÈRE Lila Meynard
SON Enzo Bodo
ACCOMPAGNEMENT CHORÉGRAPHIQUE Florence Caillon  
RECHERCHE MUSICALE Antony Cochin, Elsa Granat
COSTUMES Marion Moinet
ASSISTANAT À LA MISE EN SCENE Jeanne Bred 
RÉGIE GÉNÉRALE Quentin Maudet
Administration, production, diffusion Agathe Perrault, Camille Bard, Jessica Pinhomme

Production Compagnie Tout Un Ciel
Coproduction Théâtre Gérard Philipe, centre dramatique national de Saint-Denis ; Théâtre des Îlets – CDN de Montluçon – région Auvergne-Rhône-Alpes.
Avec le soutien

Avec le soutien du Fonds SACD Théâtre, du Grand Parquet, Théâtre Paris Villette ; des Studios de Virecourt ; du Théâtre de Brétigny – Cœur Essonne, scène conventionnée Arts et humanités ; du Théâtre              Fontenay-aux-Roses.

La Compagnie Tout Un Ciel est conventionnée à la structuration par le ministère de la Culture (DRAC Île-de-France).Elsa Granat est artiste associée au Théâtre des Îlets – CDN de Montluçon – région Auvergne-Rhône-Alpes et membre de la maison d’artistes LA KABANE.  

Tournée 21 → 22

Les 29 et 30 mars 2022, Théâtre des Îlets, centre dramatique national, Montluçon
Le 8 avril, Théâtre des Sources, Fontenay-aux-Roses

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