1902
La municipalité fait construire, par les ateliers Eiffel, une salle des fêtes boulevard Jules‑Guesde. S’y mêle matchs de catch, représentations dramatiques ou lyriques, remises de prix et de médailles, bals du samedi soir, galas et meetings politiques.
C’est dans cette salle que Jacques Doriot, revenant sur l’engagement politique qui l’avait porté à la tête de la mairie, justifie en 1936 la création d’un parti fasciste.
ANNÉES 1950
Jean Vilar et ses comédiens décident d’amener en banlieue ouvrière ce « luxe inaccessible » qu’est devenu le théâtre. La salle des fêtes accueille L’Avare et La Mort de Danton dans le cadre de cette expérience du « théâtre populaire ». L’aventure ne dure que quelques représentations : l’acoustique est calamiteuse et les salles restent vides.
ANNÉES 1960
La salle des fêtes devient un théâtre à temps plein et prend le nom de Gérard Philipe, en hommage au comédien disparu.
1959
Jacques Roussillon en est nommé directeur. En 1963, il sort le théâtre de l’anonymat avec Printemps 71 d’Arthur Adamov, mis en scène par Claude Martin.
À cette époque, le métro s’arrête encore aux portes de Paris. Pour conquérir le public, des navettes sont mises en place, les tarifs sont accessibles et les horaires aménagés.
1965
Des travaux sont réalisés : changement des sols et des fauteuils, agrandissement de la scène, nouvelles peintures et installation électrique.
1966
José Valverde succède à Jacques Roussillon. Ancien assistant et comédien dans la troupe de Jean‑Marie Serreau, co‑fondateur du Franc Théâtre, il dirige le lieu jusqu’en 1975. Il met en place une troupe permanente de neuf comédiens, crée 25 spectacles et fait sortir le théâtre dans la ville : comités d’entreprise, écoles, marchés, cités HLM.
1968
Le théâtre est entièrement réaménagé et modernisé (machinerie, scène, fauteuils…).
ANNÉES 1970
1972
L’ancien gymnase des pompiers est transformé en nouvelle salle de spectacle : la salle Jean‑Marie Serreau.
1975
René Gonzalez, comédien dans la troupe de José Valverde, devient directeur après avoir été administrateur puis codirecteur chargé de la programmation. Il reste en poste jusqu’en 1985. Sous sa direction, on voit notamment Peines de cœur d’une chatte anglaise du Groupe TSE, La Bête dans la jungle d’Alfredo Arias avec Delphine Seyrig et Sami Frey.
1976
Le métro arrive jusqu’à la Basilique de Saint‑Denis, facilitant l’accès au théâtre.
1977
La petite salle du sous‑sol, appelée La Lucarne, accueille des cabarets.
ANNÉES 1980
1er janvier 1983
Le théâtre devient un Centre dramatique national.
1984
Delphine Seyrig joue de nouveau au TGP avec Letters Home, à partir des lettres de la poétesse américaine Sylvia Plath à sa mère.
1986
Daniel Mesguich succède à René Gonzalez et reste directeur pendant trois saisons.
Des spectacles d’une heure sont proposés dans la salle du sous‑sol, renommée en 1988 Le Terrier, en référence à une nouvelle de Kafka.
À cette époque, le théâtre comprend trois salles :
– la grande salle, baptisée salle Gérald Robard,
– la salle Jean‑Marie Serreau,
– Le Terrier.
ANNÉES 1990
1989
Jean‑Claude Fall, ancien directeur du Théâtre de la Bastille, prend la direction du TGP. Il y reste jusqu’en 1997. Il y monte quatre Tchekhov en une saison (1990), Chef‑lieu (1992), Le Procès de Jeanne d’Arc (1993), et accueille de nombreuses créations contemporaines. Durant son mandat, Stanislas Nordey est en résidence pendant trois ans.
Sous la direction de Jean‑Claude Fall, le TGP accueille :
– les premiers concerts d’Africolor, festival consacré aux musiques mandingues et aux artistes venus d’Afrique, de Madagascar ou de La Réunion
– Enfantillages, une festival dédié aux enfants grâce à une programmation jeune public.
1993
La grande salle change de nom et devient la salle Roger Blin, ornée d’un rideau de scène conçu par François Morellet.
1998
Stanislas Nordey succède à Jean‑Claude Fall. Il développe un projet de Théâtre Citoyen, ouvre le théâtre toute l’année, instaure un tarif unique et accueille de jeunes compagnies. Il quitte la direction après cinq ans.
ANNÉES 2000
2002
Alain Ollivier prend la direction du théâtre, avec Daniel Jeanneteau et Jean Boillot comme metteurs en scène associés. Il y reste cinq ans.
Cette même année, des travaux ont lieu : la grande salle retrouve ses murs et planchers d’origine. L’ancienne salle du cinéma L’Écran, attenante au théâtre, devient une salle de répétition.
2008
Christophe Rauck prend la direction du TGP. Il y monte deux opéras couronnés d’un grand succès populaire.
Il met en place plusieurs événements :
– Week‑end pour un auteur dans l’idée de faire découvrir un auteur contemporain à travers des lectures et des rencontres,
– Une semaine en compagnie qui permet à trois jeunes compagnies de présenter leur travail,
– une scène ouverte le vendredi soir avec Grand Corps Malade.
Le festival Enfantillages, renommé Et moi alors ? sous la direction d’Alain Ollivier s’étend désormais sur toute la saison.
2009
L’ancienne salle de cinéma devenue salle de répétition est aménagée en salle de spectacle : elle est baptisée salle Mehmet Ulusoy.
2012
La saison est raccourcie pour lancer un vaste chantier de rénovation de la salle Roger Blin, est aussi prévu l’aménagement de l’entrée du théâtre.
2013
Christophe Rauck quitte le TGP pour prendre la direction du Théâtre du Nord.
Le théâtre rouvre en mars après dix mois de travaux.
2014
Jean Bellorini devient directeur du TGP. Pendant six ans, il accorde une place importante à la musique, aux jeunes compagnies et à la jeunesse. Il associe à son premier mandat Julie Deliquet (Collectif In Vitro), Jean‑Yves Ruf et Bertrand Bossard.
Il crée notamment la troupe éphémère, composée d’adolescents de Seine‑Saint‑Denis d’adolescents de Seine-Saint-Denis qui tout au long d’une saison répète et monte un spectacle.
ANNÉE 2020
2020
Jean Bellorini quitte le TGP pour prendre la direction du Théâtre National Populaire de Villeurbanne.
Julie Deliquet devient la première femme à diriger le Théâtre Gérard Philipe. Elle associe à son projet plusieurs autrices et metteuses en scène : Lorraine de Sagazan, Leïla Anis, Julie Bertin et Jade Herbulot – Le Birgit Ensemble –, ainsi qu’Elsa Granat.
Elle poursuit l’accompagnement des jeunes compagnies et crée Premiers printemps, un temps fort dédié permettant à de jeunes artistes de présenter leur première création.
Elle propose également chaque saison un projet participatif réunissant habitantes et habitants de Saint‑Denis donnant lieu à trois représentations.
2022
La salle Roger Blin est renommée salle Delphine Seyrig par les participantes au projet Fille(s) de.
2026
Julie Deliquet est nommée à la direction de La Colline – Théâtre National.
POUR EN SAVOIR PLUS :
Théâtre Saint-Denis
TGP : 100 ans de création en banlieue
Michel Migette
Éditions Au diable vauvert – 2016

