Les Chantiers Nomades

    Structure dédiée à la recherche et à la formation continue des artistes professionnels, les Chantiers Nomades participent également à l’insertion professionnelle de jeunes comédiens porteurs de projets. Active et responsable de la conception à la réalisation, elle propose chaque année une quinzaine de chantiers de recherche et de formation exploratoire.
    L’occasion pour les artistes de produire une réflexion critique, prospective et collective sur leurs pratiques, et d’exprimer ainsi concrètement et collectivement des questions généralement ajournées dans l’urgence des pratiques artistiques professionnelles.

    Les artistes peuvent ainsi aborder les problématiques du spectacle vivant, du cinéma ou de la fiction radiophonique en interrogeant les nouvelles esthétiques.

    Après Julie Deliquet, en 2021, accompagnée d’Annabelle Simon et de Pascale Fournier du Collectif In Vitro, Lorraine de Sagazan propose son Chantier Nomade au TGP.

    Lorraine de Sagazan

    Lorraine de Sagazan est actrice de formation. Entre 2008 et 2014, elle joue dans de nombreuses productions et projets collectifs. Afin de se former à la mise en scène, elle part à Berlin en mai 2014 et assiste Thomas Ostermeier qui répète Le Mariage de Maria Braun pour le Festival d’Avignon. On lui propose alors de participer au Festival Fragments d’Été. Elle choisit de travailler sur une adaptation de Démons de Lars Norén. Le spectacle est créé à La Loge, puis au Théâtre de Belleville pour soixante dates à l’automne 2015. C’est à cette occasion que la compagnie La Brèche est fondée. Démons sera programmé par la suite à La Manufacture à Avignon en 2016. Il sera repris en octobre 2017 au Monfort-Théâtre à Paris. 
    Entre temps, elle est intervenante dans plusieurs écoles qui forment les jeunes acteurs, notamment à École Supérieure de Comédien·ne·s par l’Alternance au Studio Théâtre d’Asnières, à L’École du Nord et à l’École de la Comédie de Saint-Étienne. Romeo Castellucci lui propose de poursuivre sa formation en assistant aux répétitions des quatre spectacles qu’il présente en 2015-2016 à Paris. 
    À l’automne 2016, elle créé une adaptation d’Une maison de poupée de Henrik Ibsen. À l’automne 2017, elle met en scène le texte francophone lauréat du Prix RFI dont la tournée est internationale et le conseil Général du 93 lui commande un spectacle jeune public Les Règles du jeu, écrit par l’auteur Yann Verburgh, la création voit le jour en janvier 2018. En mai 2018, elle monte une adaptation de Vania sur l’invitation Théâtre Bronski & Grünberg à Vienne avec des acteurs autrichiens. En juin 2019, elle crée avec sa compagnie L’Absence de père d’après Platonov de Tchekhov aux Nuits de Fourvière, présenté notamment au CENTQUATRE et à La MC93, à Bobigny. La Vie invisible, spectacle qui met en scène des personnes malvoyantes et non-voyantes créé à la Comédie de Valence, centre dramatique national Drôme Ardèche en comédie Itinérante en septembre 2020, sera repris au Théâtre de la Ville à Paris en janvier 2022.
    En octobre 2021, elle crée Un sacre à la Comédie de Valence. Le spectacle est joué au Théâtre Gérard Philipe du 22 novembre au 4 décembre 2021.

    L’Expérience et L’Invisible.

    « J’aimerais articuler ce chantier autour de deux axes de travail qui me sont chers et qui me semblent infinis.

    Le premier champ de recherche est celui du théâtre comme expérience ; la tentative de trouver un théâtre qui a la force originelle de l’action. Kantor dit d’une œuvre d’art qu’elle ne doit pas être le reflet ou le miroir de la réalité véritable, mais son équivalent. Consciente de la vaste entreprise que cela représente et avec toute la riche incertitude que cela implique, je propose de partir en quête de ce que serait créé un équivalent du réel sur scène qui ne donnerait pas l’illusion de la réalité mais où le travail scénique deviendrait une réalité du même niveau que la salle. Provoquer l’expérience. Une attention particulière sera portée au cadre, c’est-à-dire à la place du spectateur, à la place des images, à la nature du jeu et sa dimension performative.

    Le deuxième axe de recherche que je propose est un soin porté à l’invisible (qui n’a rien à voir avec l’inexistence, mais qui a tout à voir avec le présent).
    Rappelant les techniques de jeu du monologue intérieur, j’aimerais travailler avec des exercices ludiques sur tout le paysage de l’acteur qui éveille son imaginaire, nourrit son travail et invite le spectateur à « sentir la représentation » dans une dimension plus vaste et souvent plus riche que l’accès à celle-ci par le pur rationnel.
    Un·e chorégraphe ou un·e plasitien·ne nous accompagnera dans cette recherche. »
    Lorraine de Sagazan

    Du 31 janvier au 12 février 2022


    RENSEIGNEMENTS :
    WWW.CHANTIERSNOMADES.COM